Anne Marie Louise Nicole de Lamoignon de Malesherbes, comtesse de Sénozan (1718-1794)

 

annemarielouisedelamoignon

Née le 6 juin 1718 à Paris
Morte le 10 mai 1794 à Paris (exécutée par le Tribunal Révolutionnaire)
Fit partie de la charrette emmenant Mme Elizabeth de Bourbon (sœur de Louis XVI) à la guillotine.
Enterrée dans l’ancien cimetière des errancis (rue du Rocher, 97 rue de Monceau), puis enterrée aux Catacombes de Paris

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Fille de Guillaume de Lamoignon seigneur de Blancmesnil (1683-1772), chancelier de France (1750-1768), magistrat financier et président à mortier (1723-1736) et de sa deuxième épouse Anne Elisabeth Roujault (1692-1734) qu’il a épousé le 4 mars 1715.

La première épouse de son père s’appelait Madeleine Louise d’Aligre (1697-1714), elle mourut après avoir donné naissance à deux fils qui mourront en bas âge : Chrestien Etienne Françoi (1712-1719) et un fils mort né en 1713.

Anne Nicole de Lamoignon aura 4 sœurs et 2 frères qui sont :
*Marie Elisabeth de Lamoignon (née le 10 mars 1716-morte le 13 janvier 1758) , elle épousera le 3 aout 1733 César Antoine de la Luzerne, comte de Beuzeville (mort en 1755) d’où trois enfants.
*Barbe Nicole de Lamoignon (née le 25 juin 1717- morte?)
*Marie Louise de Lamoignon (née le 16 juillet 1719- morte en 1790) elle épousera le 17 février 1738 Guillaume Castanier sieur d’Auriac (né en 1702- mort?) dont un fils.
*Un frère né et mort le 23 novembre 1720,
*Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (né le 6 décembre 1721 à Paris – exécuté par le Tribunal Révolutionnaire le 20 avril 1794 à Paris), ministre de Louis XVI, il fut aussi président de la cour des Aides ; il avait épousé le 4 février 1749 Françoise Thérèse Grimod de la Reynière (née 1732 – morte le 11 janvier 1771) qui lui donnera deux filles : Marguerite Thérèse (née en 1756- exécutée en 1794) marquise de Rosanbo, et Françoise Pauline (née en 1758- morte en 1827) marquise de Montboissier.
*Agathe Françoise de Lamoignon (née le 4 février 1723 – morte en 1806) qui sera religieuse à la Visitation de Paris.


Portrait par Quentin de la Tour en 1738 (collection particulière)

Anne Nicole de Lamoignon épouse à Paris le 14 février 1735 Jean Antoine Olivier de Sénozan, marquis de Rosny (né en 1713 – mort en 1778). Son époux était aussi seigneur de Magny en Vexin, d’Alincour et deviendra comte de Sénozan. Il était président au Parlement de Paris depuis 1733 et deviendra conseiller du roi en 1758.

Le couple n’eut qu’un seul enfant :
*Antoine François Olivier de Sénozan (né le 6 février 1737 – mort le 26 novembre 1769 à Paris) qui fut marquis de Tholignan et comte de Viriville. Capitaine de cavalerie, il épouse en 1761 Claude de Vienne (née en 1741 – morte en 1769) qui lui donnera une fille unique Sabine (née en 1764 – exécuté par le Tribunal Révolutionnaire le 26 juillet 1794 à Paris) ; cette fille unique épousera le 2 décembre 1778 Archambaud duc de Talleyrand Périgord (né en 1762 – mort en 1838) à qui elle donnera 6 enfants.

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Anne Nicole de Lamoignon fut élevée à Paris. Frère de Malesherbes, ministre de Louis XVI, on lui donne comme époux un magistrat financier (comme l’était son père) à l’âge de dix sept ans. Elle donnera un fils à son mari et n’aura pas d’autres enfants.

Elle voit mourir son fils unique et sa bru la même année en 1769. Elle élèvera auprès d’elle son unique petite fille, alors âgée de cinq ans, Sabine Olivier de Sénozan, futur duchesse de Talleyrand Périgord.

A la mort de son époux en 1778, elle est âgée de soixante ans. À la mort de son époux le 30 septembre 1778, celle-ci se trouve, pour régler les problèmes posés par sa succession, dans l’obligation de se défaire d’une partie des possessions de son défunt époux et se porte, en contrepartie, acquéreur le 14 avril 1780 de la terre et seigneurie de Verneuil-sur-Seine.

Elle entre en procès contre son voisin Tautest Duplain qui possède les terres de Vernouillet qu’elle convoite. Procédurière, il semble qu’elle est gagnée ce procès mais elle s’attirera l’hostilité des habitants de Vernouillet peu ravis de voir des terrains communaux être annexés au profit de la dame de Verneuil.


Le château de Verneuil sur Seine, résidence de Anne Nicole de Lamoignon

Férue de botanique, elle demande à son jardinier de cultiver des orangers dans la nouvelle orangerie du château de Verneuil. Lorsqu’elle se rend à Paris, elle habite rue de Montmartre. Désireuse de se rapprocher de son frère Guillaume avec qui elle entretient d’excellents rapports, elle quitte la rue Montmartre pour acheter un hôtel rue Saint Honoré. C’est l’architecte Antoine qui dirige les travaux de rénovation de l’hôtel. Pour tenir compagnie à sa soeur, restée veuve, Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, a son appartement réservé au château de Verneuil sur Seine et y fait de fréquents séjours ; il apprécie par dessus tout le calme et l’admirable cadre champêtre.

Lorsque la Révolution arrive, la comtesse de Sénozan et son frère décident de ne pas émigrer. Déjà âgée, elle pense peut être n’avoir pas grand chose à craindre des remous révolutionnaires. Elle a tort, d’autant qu’elle continue à accueillir les royalistes dans son hôtel de la rue Saint Honoré.

Mise sous surveillance, elle est arrêtée le 4 novembre 1793. La comtesse de Sénozan est conduite en prison, mais faute de place, elle est ramenée chez elle où deux sans culottes sont chargés de la garder.

Son procès se tient en avril 1794 : elle est transférée alors à la maison d’arrêt de Port Royal. Là, elle est inclus dans le procès que l’on intente envers Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI. Avec plusieurs autres aristocrates, elle est condamnée à mort pour « complot contre la Révolution » :

LAMOIGNON Anne Nicolas, veuve Serozan, ex marquise, âgée de 76 ans, née et domiciliée à Paris, département de la Seine, condamnée à mort le 21 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme conspiratrice.


Mme Elisabeth de Bourbon (sœur de Louis XVI) par Elisabeth Vigée Lebrun (Joconde)

Elle monte dans la même charrette que Madame Elisabeth et a la tête tranchée le 10 mai 1794.

Elle avait soixante quinze ans.

Sa famille fut décimée par la Révolution, elle aura eu le temps de voir mourir à l’échafaud :

– son frère : Guillaume de Lamoignon, le Ministre, qui malgré sa défense devant le Tribunal Révolutionnaire (il sera son propre avocat) aura la tête tranchée à Paris le 20 avril 1794.
LAMOIGNON-MALESHERBES Chrétien Guillaume, ex noble et ministre d’état jusqu’en 1788, ci-devant président de la cour des aides de Paris, âgé de 72 ans, natif de Paris, domicilié à Malesherbes, département du Loiret, condamné à mort le 3 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme complice d’une conspiration qui a existé depuis 1789 contre la souveraineté du Peuple.

– sa nièce (fille de Guillaume) : Marguerite Thérèse de Lamoignon, marquise de Rosanbo, exécutée le même jour que son père le 20 avril 1794
LAMOIGNON-MALESHERBES Antoinette Marguerite Thérèse, femme Lepelletier-Rosambo, âgée de 38 ans, native de Paris, domicilié à Malesherbes, département du Loiret, condamné à mort le 6 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire Paris, comme complice d’une conspiration qui a existé depuis 1789 contre la souveraineté du Peuple.

– Louis le Peletier marquis de Rosanbo, éxécuté le même jour que sa femme Marguerite Thérèse de Lamoignon (et le même jour que son beau père) le 20 avril 1794.
LEPELLETIER-ROZAMBO Louis, ex président à Mortier au ci-devant parlement de Paris, âgé de 46 ans, né à Paris, domicilié à Malesherbes, département du Loiret, condamné à mort le 1 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme contre-révolutionnaire, ayant pris part aux arrêtés et protestations liberticides, faits par le parlement de Toulouse, les 25 et 27 septembre 1790.

– Aline Thérèse le Peletier de Rosanbo, comtesse de Chateaubriand (fille des deux précédents), qui sera exécutée deux jours plus tard que ses parents le 22 avril 1794.
LEPELLETIER-ROZAMBO Aline Thérèse, femme Châteaubriant, âgée de 23 ans, née à Paris, domiciliée à Malesherbes, département du Loiret, condamnée à mort le 3 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris,

– Jean Baptiste Auguste de Chateaubriand, comte de Chateaubriand et mari de la précédente, exécuté le même jour que son épouse. Il était le frère de l’écrivain René de Chateaubriand.
CHATEAU-BRIANT J. B. Auguste, âgé de 34 ans, natif de Port Malo, ex marquis et capitaine de cavalerie au régiment ci-devant Royal, domicilié à Malesherbes, département du Loiret, condamné à mort comme contre-révolutionnaire le 3 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

Deux mois plus tard, c’est son unique petite fille et l’une de ses cousines germaines qui mourront sur l’échafaud :

– Sabine Olivier de Sénozan duchesse de Talleyrand Périgord, sera exécutée deux mois plus tard, le 26 juillet 1794
SABINE-VIRITIL (M.H.) femme Périgord, ex-comtesse, âgée de 31 ans, née et domiciliée à Paris, condamnée à mort, le 8 thermidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme complice d’une conspiration dans la maison d’arrêt de St Lazare ou elle était détenue.

et elle sera exécutée en même temps qu’une cousine de sa mère :

– Madeleine Charlotte le Peletier, princesse de Chimay :
LEPELLETIER, veuve Chimay, ex princesse, âgée de 54 ans, née à Paris, domiciliée à Issy-l’Union département des Deux-Sèvres, condamnée à mort comme conspiratrice, le 8 thermidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

Sources :
« guillotines.free »
– la base Roglo.
– Wikipedia.

 

 

Descendants d’Anne-Nicole de Lamoignon de Malesherbes

Jusqu’aux petits-enfants.

Anne-Nicole de Lamoignon de Malesherbes, dame de Verneuil, née le 6 juin 1718, exécutée le 10 mai 1794, Paris (à l’âge de 75 ans).
Mariée le 14 février 1735 avec Jean Antoine Olivier de Sénozan, seigneur de Magny et d’Alincour, marquis de Rosny, comte de Sénozan (3e), né vers 1713, décédé le 30 septembre 1778 (à l’âge de peut-être 65 ans), conseiller du roi, président au parlement de Paris, dont

Total: 2 personnes (conjoints non compris).

 

2 réflexions sur « Anne Marie Louise Nicole de Lamoignon de Malesherbes, comtesse de Sénozan (1718-1794) »

    • Je n’ai pas compris votre message et je suis désolée mais la charette du 10 mai 1794 ne contenait pas que des femmes : il y eut aussi Hugues Calixte de Montmorin, Georges Follope, Louis Pierre Marcel Letellier, Charles Crécy de Champmillon, Théodore Hall, Charles Loménie de Brienne, etc, etc…..

      Quant à celle du 8 mai (toujours pas de femmes) : elle contenait 28 anciens fermiers généraux…!

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