Catherine de Baillon, “fille du roi”, dame des Chênes (1645-1688)

Une “fille du roi”

Née en 1645 aux Hayes, commune des Essarts le roi (Yvelines)
Morte le 27 janvier 1688 à Rivière Ouelle, Kamarouska, Quebec, Canada
Enterrée cimetière de Rivière Ouelle

Catherine de Baillon naquit aux Hayes dans la commune des Essarts le roi (Yvelines) dans le courant de l’année 1645. Elle était la dernière fille du couple Alphonse de Baillon seigneur de Valence et de la Mascottière et de sa seconde épouse Louise de Marle. Le père de Catherine avait épousé en premières noces Claude Dupuy qui était morte après douze ans de mariage en lui laissant deux petites filles : Elisabeth et Claude Marie. Soucieux de donner une mère à ses deux enfants, le seigneur de Valence avait ensuite épousé en 1640 Louise de Marle âgée de vingt-huit ans (lui-même en avait trente-sept) qui lui avait enfin donné l’héritier tant attendu : un garçon Antoine (né en 1643) et deux filles, Louise en 1644 et la petite dernière Catherine en 1645.

Les de Baillon étaient de la petite noblesse mais l’ascendance de Catherine de Baillon est prestigieuse : de sa grand-mère paternelle on peut remonter les aieux de Catherine jusqu’à Charlemagne. Hélas, un grand nom n’apporte pas toujours l’aisance : le grand père de Catherine, Adam II de Baillon (1528-1610) avait reçu de son père un héritage de 40 000 livres, le fils de celui-ci, aussi prénommé Adam III (1570-1626) avait fait une belle carrière militaire mais avait dilapider la fortune de la famille. Quand le père de Catherine, Alphonse de Baillon se maria pour la première fois, il n’avait ni terre ni profession et la fortune de la famille (où ce qu’il en restait) était tombée dans l’escarcelle du frère ainé d’Alphonse, Adam IV de Baillon.

Les seigneuries de la Massicotterie et de Valence en Yvelines

La dot de sa première épouse avait permis à Alphonse d’acheter la métairie de la Massicotterie (en Yvelines) pour 2 880 livres. La dot de sa deuxième épouse consistait en la terre de Ragonan accompagnée d’une jolie somme qui lui avait permis d’acheter le fief des Enclaves et d’agrandir sa seigneurie.

Dès sa naissance, Catherine pouvait espérer un destin digne d’une fille de seigneur aisé mais la mort de son père Alphonse quand elle a trois ans, en 1648, va détruire ce beau rêve. A l’automne 1648, Alphonse de Baillon meurt brutalement laissant une veuve enceinte avec cinq enfants à charge. En 1649, Louise de Marle perd l’enfant qu’elle porte et elle doit faire face à des dettes importantes laissées par son mari.

La Fronde (période de trouble pendant la minorité de Louis XIV)

A cette époque la campagne est ravagée par la Fronde et il ne fait pas bon être une jeune femme avec enfants à charge et peu d’argent à sa disposition. Heureusement, la mère de Catherine rencontre un jeune gentilhomme Marc d’Amanzé seigneur de la Fond qui tombe sous le charme de la jeune femme et l’épouse en 1649. L’adolescence de Catherine se passa donc avec sa mère et son nouvel époux à la Massicotterie. Ses demi sœurs se marient rapidement : en 1654, Claude Marie de Baillon épouse Gilles Thiboust qui est un sergent royal et en 1657 Elisabeth épouse Paul Hanot, un notaire royal, qui sont tous les deux des roturiers.

Henri de Bourbon, duc de Verneuil (bâtard d’Henri IV)

En 1658, son frère Antoine de Baillon obtient une belle position : il devient page au service de Gaston Henri de Bourbon, bâtard d’Henri IV et de la marquise de Verneuil, il va dès lors fréquenter Paris et son beau monde et en fera profiter ses sœurs dès lors qu’il sera devenu adulte. Catherine et sa sœur Louise sont placées dans un couvent à l’âge de quinze ans et apprennent à lire et à écrire.

Elles reviennent fréquemment à la Massicotterie et revoient leur frère qui accompagne souvent Gaston Henri de Bourbon dans ses déplacements à l’abbaye des Vaux de Cernay dont il est l’abbé et dont les terres jouxtent celles de la Massicotterie.

L’abbaye des Vaux de Cernay (Yvelines)

Bien malgré lui, le fils d’Henri IV avait dès sa naissance été destiné à la carrière écclésiastique. Fils de roi, il avait été nommé évêque de Metz en 1612 (à l’âge de onze ans !) et il jouissait de plus de 400 000 livres de revenus en bénéfices (il était abbé commendataire de St Germain des Prés et de l’abbaye des Vaux). Il n’avait aucun gout pour la religion qu’on lui avait imposé mais il savait jouir de ses privilèges pour se lancer dans les gouts qu’il aimait c’est-à-dire la chasse et les femmes. En 1652, à l’âge de cinquante ans, il avait décidé de renoncer à sa charge d’évêque. Mazarin lui avait accordé ce privilège (mais continua de lui distribuer les revenus des abbayes dont il était l’abbé en titre) et le roi Louis XIV l’avait fait chevalier de l’ordre du saint Esprit en 1661. Revenu à la vie civile, il partageait son temps entre Paris, les Yvelines et son beau château de Verneuil sur Halatte (Oise) qu’il avait hérité de sa mère.

Chateau de Verneuil sur Halatte (Oise) aujourd’hui détruit

En 1663, le roi le nomma duc de Verneuil et pair de France et en 1665 il fut envoyé comme ambassadeur extraordinaire du roi de France en Angleterre.  En 1666, il avait été nommé gouverneur du Languedoc et il était parti sur ses terres à Pezenas emmenant avec lui le jeune Antoine de Baillon qui lui était tout dévoué. Celui-ci était devenu écuyer puis premier écuyer du duc.

La rencontre entre Catherine de Baillon avait du se faire vers 1665, puis la jeune femme revit le duc de Verneuil en 1667 à la suite d’une visite à Paris. Cet homme charmeur qui aurait pu être son grand père (il en avait l’âge) était un séducteur dans l’âme. La jeune Catherine ne sut pas lui résister et elle devint sa maitresse clandestine. Que se passa t’il ensuite ? la jeune fille tomba t’elle enceinte des œuvres du fils d’Henri IV ? Quelqu’un remarqua t’il sa présence fréquente chez le duc de Verneuil : toujours est il que le scandale fut suffisamment important et connu de tous pour que le jeune Antoine de Baillon réagisse rapidement en chef de famille.

La Salpétrière à Paris

Dans le courant de l’année 1668, lors d’un déplacement du duc de Verneuil en Languedoc, il fit conduire sa sœur à la prison pour femmes de la Salpétrière. Pour être pensionnaire à la Salpétrière, il fallait vivre à Paris, être pauvre, folle ou handicapée : Catherine de Baillon ne remplissait aucune de ses conditions. Il en existait une autre : avoir été internée sur lettre de cachet du roi. Or, le duc de Verneuil était l’oncle « de la main gauche » du jeune Louis XIV qui entendait bien marier cet oncle maintenant qu’il était revenu à la vie civile d’autant qu’en 1668 le duc de Verneuil envisageait de renoncer à la vie écclesiastique. Au cours de l’été 1668, le bruit courait que le duc de Verneuil allait se marier (à 67 ans) avec la veuve du duc de Sully, Charlotte Séguier, âgée de 46 ans.

Charlotte Séguier, duchesse de Sully puis duchesse de Verneuil

Les pourparlers de mariage étaient engagés et nul obstacle ne devait entraver cette union approuvée par le roi.  Catherine de Baillon se morfondait depuis neuf mois à la Salpétrière lorsque le duc de Verneuil épousa à Paris le 29 octobre 1668 la veuve du duc de Sully. Quant à Antoine de Baillon, il chercha dès lors à se débarrasser de sa jeune sœur. Sa réputation ayant été entachée, il ne pouvait plus la marier à un noble de la cour. Il prit contact avec un oncle de la première épouse de son père, un nommé Louis Viole qui avait une parente assistante et trésorière des Dames de la Charité qui avaient d’étroits liens avec l’administration de la Salpétrière. Elles s’occupaient entre autres du personnel qui prenaient soin des femmes enfermées. Or dans le courant de l’hiver 1668, le personnel de la Salpétrière commençait à rassembler un contingent de « filles du roi » qui devaient partir à l’été pour la Nouvelle France afin de repeupler cette colonie et ce suivant les désirs du roi et de Colbert.

Arrivée des “filles du roi” à Quebec

C’est la mère de Catherine, Louise de Marle, en se déplaçant à la Salpétrière qui présenta la situation à sa fille : le mieux pour Catherine était de partir au Canada parmi le lot des « filles du roi » qui étaient rassemblées pour pouvoir trouver un mari là-bas et s’assurer un avenir plus radieux. Afin de l’aider dans ce dessein sa mère lui proposait de lui fournir 1 000 livres de dot. C’était bien moins que ce qu’avait touché ses demis sœurs à leur mariage (Elisabeth avait eu 3 000 livres et Claude Marie, 2 400 livres) mais 1 000 livres sur le sol canadien était toute autre chose et surement Catherine pouvait espérer trouver un seigneur local suffisamment riche pour l’accepter en tant qu’épouse. Et puis que Catherine pense un peu à l’avenir de sa sœur Louise qui était restée près de sa mère, il fallait elle aussi lui trouver un mari, et la réputation de Catherine entachait toute la famille tant qu’elle demeurerait en France. D’ailleurs, le duc de Verneuil était à présent marié et ne semblait guère pressé de prendre de ses nouvelles, la Nouvelle France était l’avenir pour Catherine, il fallait qu’elle parte avec les filles du roi. De guerre lasse, la jeune fille céda.

La ville de Quebec

Catherine de Baillon s’embarqua sur le « Saint Jean Baptiste » en juin 1669 et deux mois après son départ elle arrivait dans la ville de Québec en Nouvelle France, en août 1669 faisant partie d’un contingent de 149 jeunes filles qui étaient la plupart des orphelines avec une dot du roi de 50 livres chacune : une misère comparée à la dot de Catherine de Baillon. Dès le départ Catherine de Baillon observa une certaine distance avec ses compagnes de voyage : d’abord elle était noble, ensuite elle avait une dot conséquente et enfin elle était plus âgée que la plupart de ces « filles du roi » : elle avait 24 ans alors que la plus jeune avait 16 ans.

Le Monastère des Ursulines à Quebec

A l’arrivée du bateau des « filles du roi » une foule d’hommes venaient les observer pour pouvoir choisir sa future « promise » : la plupart de ses hommes était des hommes du régiment Carignan qui avait acheté un lopin de terre et entendait le faire fructifier tout en élevant une famille qu’il comptait fonder avec une « fille du roi ». La plupart du temps, quinze jours après leur arrivée à Québec, les filles du roi étaient mariées et expédiées sur les terres de leurs colons de mari que ce soit à Québec ou à Montréal ou à Trois Rivières. Or, ce ne fut pas le cas pour Catherine de Baillon. Les Sœurs hospitalières du Couvent des Ursulines à Québec l’hébergèrent et la virent décliner avec dédain les prétendants qui venaient demander sa main.

Le contrat de mariage de Catherine de Baillon et Jacques Miville

 Il y en avait peu car la réputation de Catherine l’avait précédé (elle avait été la maitresse du bâtard d’Henri IV !) et sa mère avait sous-estimé les cancans d’une petite garnison comme Québec. De plus, Catherine voulait épouser un seigneur local mais cela ne courrait pas les rues à Québec.

Dans le courant du mois d’aout, Catherine fut présentée à Jacques Miville, un jeune homme de six ans son ainé.Il était robuste, aimable et de bonne constitution. Il était arrivé au Canada à l’âge de quinze ans avec son père, Pierre (qui était né en Suisse) et sa mère Charlotte Maugis.  Sa famille était très en faveur auprès de Jean Talon l’administrateur de la petite colonie et ils s’étaient installés sur la cote de Lauzon. Ils avaient aussi un bel hôtel place Royale à Québec.

La cote de Lauzon

De plus, Jacques Miville pouvait penser hériter de la petite seigneurie de son père qui était seigneur des Chênes.

Or le 14 octobre 1669 le père de Jacques, Pierre Miville décédait. Dès lors le prétendant de Catherine pouvait se prévaloir du titre de seigneur des Chênes.

Il bouillonnait d’idées et souhaitait établir le fiel des Chênes sur la Côte Sud sur une terre concédée à sa famille par le marquis de Tracy.

La traite des fourrures

Séduite par ses projets d’avenir, la jeune fille lui promit dès lors sa main et le contrat de mariage fut signé le 12 novembre 1669 en présence du gouverneur Rémi de Courcelles, de Claude Boutrue intendant de la Nouvelle France, et Louis Rouer de Villeray l’un des conseillers du Conseil souverain. La cérémonie eut lieu le même jour à l’église Notre Dame de Québec. Les deux époux partirent aussitôt sur la cote de Lauzon dans la belle maison que les Miville avait construits dès leur arrivée au Canada en 1649. La maison était assez isolée et comptait cinq personnes. Catherine de Baillon dut très vite apprendre à cuisiner, à coudre et à travailler aux champs. Elle dut aussi s’occuper de sa belle-mère.

Intérieur d’une maison en Nouvelle France

Catherine de Baillon mit au monde son premier enfant Catherine Marie le 22 aout 1670, qui sera bientôt suivi de Charles l’ainé en 1671, Jean en 1672, Marie en 1675, Charles le jeune en 1677, Marie Claude en 1681 et Robert en 1682. Le couple était semble-t’il assez uni, nous n’avons malheureusement aucune description physique de Catherine de Baillon : certains témoignages disent qu’elle avait les cheveux clairs mais il n’existe pas de portrait de la dame des Chênes. Toute la famille déménagera en 1673 pour s’installer sur la Cote du Sud.

Cette même année en octobre, Catherine apprendra que sa sœur Louise a épousé un beau parti Jean Pocquet, premier brigadier des gardes du duc de Montausier, dont elle sera veuve en 1681. 

Les vêtements en Nouvelle France vers 1670

En Nouvelle France, la famille Miville vit surtout de la traite des fourrures, mais Jacques Miville n’est pas un gestionnaire habile et bientôt ses affaires déclinent financièrement suite à une mauvaise saison de la chasse à la fourrure. En 1675, le couple fait faillite et Jacques devient simple fermier d’un autre seigneur des environs :

Charles Aubert de la Chesnaye. Ce dut être une humiliation pour Catherine mais deux ans plus tard en 1677, le couple réussit à acheter 72 arpents de terre à Rivière Ouelle avec la ferme intention de se refaire une santé financière.

La signature de Catherine de Baillon

En 1680, la mère de Catherine de Baillon meurt et laisse à sa fille 600 livres, somme qui est perçue avec soulagement par la dame des Chênes. Lors du recensement de 1681, Jacques Miville seigneur des Chênes dit posséder deux fusils, sept bêtes à cornes et huit arpents de terre.

Intérieur d’une maison en Nouvelle France

En 1682, le séducteur de Catherine, Gaston Henri de Bourbon duc de Verneuil meurt chez lui au château de Verneuil, sans enfants de son épouse Charlotte Séguier âgé de quatre-vingt-un ans. Dans ses dernières années, il était tombé dans la dévotion pour racheter son passé d’abbé débauché. En 1683, le frère de Catherine, Antoine de Baillon fait un beau mariage : il épouse le 3 février Marie Marthe Deruel de Beauregard : les signataires du contrat de mariage sont le roi Louis XIV, la reine Marie Thérèse et la veuve du duc de Verneuil, Charlotte Séguier. Le roi a la bonté de le nommer lieutenant de la louveterie du Grand Dauphin et gouverneur de la ville de Pont de l’Arche. Il n’en profitera pas longtemps car il décède en 1685 à l’âge de quarante-deux ans suivi l’année d’après par son épouse qui mourra en couches en avril 1686.

Un document écrit et signé par le duc de Verneuil

En décembre 1687, une terrible épidémie de rougeole s’abat dans la région de Québec : Catherine et son époux tombe malade en même temps. Jacques meurt le premier dans les premières lueurs du 27 janvier 1688, et Catherine le suit au cours de cette même journée dans l’après-midi : elle avait quarante-trois ans. Catherine de Baillon et son époux le sieur des Chênes reposent côte à côte dans le cimetière de Rivière Ouelle à Kamouraska, Quebec.

Le couple laissait sept orphelins dont le plus jeune n’avait que six ans. Ils furent recueillis par le frère de Jacques, François Miville qui les élèvera avec les douze enfants qu’il avait eu avec sa première épouse Marie Langlois. Les enfants de Catherine de Baillon revendiquèrent la succession d’Antoine de Baillon (frère de Catherine) dont elle était l’une des quatre héritières, mais comme elle avait été déshéritée par son frère, ils durent batailler pendant cinquante-neuf ans avant d’obtenir une part de leur héritage français.

Céline Dion

Pour la petite histoire, cette descendante de Charlemagne est aussi l’ancêtre de la chanteuse Céline Dion de qui elle descend par trois branches différentes

 

 

 

 

Sources :

  • « Catherine de Baillon, fille du roi » de Raymond Ouimet et Nicole Mauger.

Descendants de Catherine de Baillon

<< ^^

Jusqu’aux petits-enfants.

Catherine de Baillon, née vers 1645, Les Layes, Les Essarts-Le-Roi (Yvelines), décédée le 27 janvier 1688, Rivière-Ouelle, Kamouraska, Québec (Canada), inhumée le 30 janvier 1688, Rivière Ouelle, Kamouraska, Québec (Canada) (à l’âge de peut-être 43 ans).
Mariée le 12 novembre 1669, Notre-Dame de Québec, Québec, avec Jacques Miville, né le 2 mai 1638 ou 1639, Hiers-Brouage, Charente-Maritime, décédé le 27 janvier 1688, Rivière-Ouelle, Kamouraska (Québec), inhumé le 28 janvier 1688, Notre Dame de Liesse, Rivière Ouelle, Quebec , maçon et commerçant en fourrures, dont

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2 réflexions sur « Catherine de Baillon, “fille du roi”, dame des Chênes (1645-1688) »

  1. Je viens de découvrir votre blogue avec joie, étant un descendant de Catherine de Baillon et de Jacques Miville, sieur Deschenes. J’avais d’ailleurs rencontré M. Ouimet qui m’avait raconté l’histoire de mon ancêtre noble. J’ai aussi lu son livre À l’époque cependant, il n’a pu me donner autant de détails sur le départ de Catherine pour la Nouvelle-France. Y a-t-il eu de nouvelles recherches?

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